
La médiation animale connaît un essor remarquable, avec 70% des actions mises en place seulement depuis 2019 . Cette pratique, fondée sur l'attrait naturel que l'animal exerce sur les personnes et sur sa capacité à les stimuler, devient de plus en plus présente dans divers contextes thérapeutiques et sociaux .
Qu'est-ce que la médiation animale exactement ? Il s'agit de la recherche d'interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle entre l'humain et l'animal dans les domaines éducatifs, sociaux, thérapeutiques et de recherche . Cette activité, exercée par un professionnel diplômé et spécialisé, s'adresse à tous et peut aider à se construire, à grandir ou à mieux vieillir . Les bienfaits de la médiation par l'animal sont nombreux, notamment chez les personnes avec autisme, où il apaise, attise la curiosité et devient une source de motivation pour entrer en communication .
Dans ce guide expert, nous explorerons en profondeur le monde de l'intervenant en médiation animale, en découvrant que les chiens sont utilisés dans plus de la moitié des cas (51 %), suivis par les chevaux (24 %), les animaux de ferme (13 %), les ânes (9 %) et autres (3%). Également, nous verrons pourquoi cette pratique bénéficie principalement aux établissements liés au handicap (41,7 %), devant les Ehpad (33,4 %).
Qu'est-ce que la médiation animale ?
En France, le terme « médiation animale » fait consensus depuis 2008, à la suite de l'initiative de la Fondation Sommer, qui a financé un groupe d'experts pour trouver une définition inclusive [1]. Cette pratique désigne une relation d'aide triangulaire où un professionnel qualifié introduit un animal auprès d'une personne bénéficiaire [1].
Historiquement, cette approche puise ses racines dans des pratiques anciennes. Dès le IXe siècle, à Gheel, en Belgique, des oiseaux étaient confiés aux malades pour favoriser leur convalescence [2]. Cependant, c'est William Tuke qui, en 1792, formalisa davantage cette approche en créant le York Retreat, où les patients prenaient soin d'animaux [3].
La médiation animale moderne doit beaucoup au psychologue américain Boris Levinson, qui, en 1953, découvrit par hasard les effets positifs de son chien Jingle sur un enfant autiste non communicant [4]. En France, le vétérinaire Ange Condoret développa cette pratique dans les années 1970 [5].
Cette méthode comprend deux types d'activités : les Activités Assistées par l'Animal (AAA), à visée récréative, et la Thérapie Assistée par l'Animal (TAA), à but thérapeutique [6]. Contrairement à la "zoothérapie", terme suggérant que l'animal est thérapeute, la médiation animale souligne le rôle de l'animal en tant qu'intermédiaire dans une relation triangulaire entre l'intervenant, le bénéficiaire et l'animal [7].
Actuellement, bien que largement répandue, cette pratique n'est encadrée par aucun texte juridique en France [1]. Certaines formations existent, notamment trois diplômes universitaires, mais aucune ne confère un diplôme d'État [5].
Quels sont les bienfaits de la médiation animale ?
Les bienfaits de la médiation animale sont nombreux et scientifiquement prouvés. Sur le plan physique, cette pratique améliore la motricité, renforce la coordination des mouvements et stimule l'activité physique [8]. Également, elle favorise l'autonomie grâce aux soins prodigués à l'animal [9].
D'ailleurs, les études démontrent une réduction significative du stress, mesurée par la baisse du cortisol, l'hormone du stress [10]. Ce contact procure un sentiment d'apaisement immédiat et libère des endorphines, hormones du bien-être [11]. Cet effet est particulièrement marqué chez les étudiants, dont 91 % déclarent ressentir un soulagement après les séances [10].
Sur le plan cognitif, la médiation animale stimule la mémoire, l'attention et la concentration [12]. Elle améliore également l'orientation spatio-temporelle, notamment chez les personnes âgées [13].
Par ailleurs, le soutien émotionnel est inestimable. L'animal, par sa présence inconditionnelle et sans jugement, offre un réconfort unique, favorisant l'estime de soi [14]. Pour les personnes isolées, il constitue un vecteur de communication qui facilite les interactions sociales [15].
La médiation animale montre également des résultats encourageants pour des populations spécifiques : elle aide les enfants à développer leurs compétences sociales [14], stimule la mémoire des seniors et réduit leur isolement [16], tandis que chez les personnes handicapées, elle favorise l'autonomie et l'expression des émotions [17].
Pour qui et avec quels animaux ?
La médiation animale s'adresse à diverses populations spécifiques. Les personnes âgées et/ou handicapées sont les premiers bénéficiaires au sein d'une grande variété d'établissements [1]. La population carcérale représente également un public important, avec une pratique en forte hausse dans ce milieu [1]. Cette approche est également particulièrement bénéfique pour les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) [18], les personnes en soins palliatifs et celles en situation d'exclusion sociale [19].
Concernant les animaux impliqués, le chien figure en tête, avec une présence dans plus de la moitié des actions de médiation [1], soit 51 % des interventions [9]. Suivent ensuite les chevaux (24 %), les animaux de ferme (13 %), les ânes (9 %) et les autres espèces (3 %) [9]. Pour les interventions auprès des enfants atteints de TSA, l'étude confirme la prédominance des chevaux (80 %) devant les chiens (26 %) et les chats (5 %) [18].
Le choix de l'animal est déterminé en fonction des objectifs thérapeutiques. Les chiens, par leur nature sociable et leur adaptabilité, sont les préférés des enfants et des personnes âgées (75 %) [9], tandis que les chevaux sont privilégiés des personnes en situation de handicap (65 %) [9]. Les petits mammifères, comme les lapins et les cochons d'Inde, offrent, quant à eux, une expérience tactile apaisante.
Conclusion
La médiation animale constitue aujourd'hui une approche thérapeutique en plein essor. Effectivement, cette pratique triangulaire entre le professionnel, l'animal et le bénéficiaire offre des résultats remarquables dans divers contextes. Les chiens, utilisés dans plus de la moitié des interventions, suivis des chevaux et des animaux de ferme, apportent chacun des bénéfices spécifiques selon les populations ciblées.
Les avantages de cette méthode s'étendent bien au-delà du simple réconfort. D'une part, les bienfaits physiques comprennent l'amélioration de la motricité et la réduction du stress. D'autre part, les aspects cognitifs comme la mémoire et la concentration se trouvent stimulés, tandis que le soutien émotionnel renforce l'estime de soi des bénéficiaires.
Cette approche s'adresse particulièrement aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap, aux enfants atteints de TSA, ainsi qu'aux populations carcérales. Le choix judicieux de l'animal médiateur demeure essentiel pour atteindre les objectifs thérapeutiques fixés.
Malgré l'absence d'un cadre juridique précis en France, la médiation animale continue de se professionnaliser grâce à diverses formations. L'engouement pour cette pratique témoigne de son efficacité et de sa pertinence dans notre société moderne.
La médiation animale apparaît donc comme une méthode d'accompagnement précieuse, dont les applications ne cessent de s'élargir. Les résultats positifs observés auprès de publics variés laissent présager un avenir prometteur pour cette discipline qui redéfinit la relation thérapeutique entre humains et animaux.
FAQs
Q1. Qu'est-ce que la médiation animale et quels sont ses principaux objectifs ? La médiation animale est une approche thérapeutique qui implique l'interaction entre un professionnel qualifié, un animal et un bénéficiaire. Elle vise à améliorer le bien-être physique, cognitif et émotionnel des personnes en utilisant la présence et l'interaction avec des animaux pour les stimuler, les apaiser et favoriser leur développement personnel.
Q2. Quels types d'animaux sont couramment utilisés en médiation animale ? Les chiens sont les plus fréquemment utilisés, représentant 51% des interventions. Viennent ensuite les chevaux (24 %), les animaux de ferme (13 %), les ânes (9 %) et d'autres espèces (3 %). Le choix de l'animal dépend des objectifs thérapeutiques et du public ciblé.
Q3. Quels sont les principaux bénéfices de la médiation animale ? La médiation animale offre de nombreux avantages, notamment l'amélioration de la motricité et de la coordination, la réduction du stress, la stimulation cognitive, le soutien émotionnel et le renforcement des compétences sociales. Elle peut également aider à développer l'autonomie et à améliorer l'estime de soi.
Q4. Pour quels types de personnes la médiation animale est-elle particulièrement bénéfique ? La médiation animale s'adresse à divers groupes, dont les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les enfants atteints de troubles du spectre autistique, les personnes en soins palliatifs et même la population carcérale. Elle est particulièrement efficace pour ceux qui ont des difficultés de communication ou souffrent d'isolement social.
Q5. Quelle formation est nécessaire pour devenir intervenant en médiation animale ? Bien qu'il n'existe pas de diplôme d'État spécifique en France, plusieurs formations sont disponibles, dont trois diplômes universitaires. Les intervenants sont généralement des professionnels de la santé ou du social (infirmiers, psychologues, éducateurs spécialisés) qui se spécialisent ensuite en médiation animale. Il est important de noter que la pratique n'est pas encore encadrée par un texte juridique spécifique en France.

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