Comment devenir Maréchal-Ferrant : du débutant au pro (formation + diplôme)

Maréchal-ferrant

Saviez-vous qu'il existe seulement près de 1600 maréchaux-ferrants actifs en France, pour une filière équine qui compte environ 65 000 emplois ? Devenir maréchal-ferrant représente ainsi une opportunité professionnelle dans un secteur où les spécialistes sont recherchés.

En effet, ce métier artisanal exige non seulement une excellente connaissance des équidés, mais aussi un véritable savoir-faire dans le domaine de la forge. Le maréchal-ferrant est chargé d'entretenir les sabots des chevaux, ânes et autres équidés, notamment en parant les sabots toutes les 5 à 8 semaines et en les ferrant environ tous les mois. Ce travail est essentiel car il protège les pieds du cheval contre les risques d'usure et corrige les défauts d'aplomb.

Pour accéder à cette profession, différentes formations sont disponibles, avec comme niveau minimum d'accès un CAP ou équivalent. Le parcours professionnel peut s'orienter vers un statut d'indépendant - choix fait par 70% des maréchaux-ferrants - ou celui de salarié. Côté rémunération, un débutant commence généralement au SMIC (environ 1802€), mais peut évoluer jusqu'à 2500€ bruts mensuels avec l'expérience.

Ce guide complet vous accompagnera pas à pas dans votre projet de devenir maréchal-ferrant, des formations requises aux perspectives d'évolution professionnelle, en passant par les compétences essentielles à développer.

Comprendre le métier de maréchal-ferrant

Le maréchal-ferrant occupe une place essentielle dans le monde équestre, agissant comme un véritable artisan du pied équin. Son expertise va bien au-delà de la simple pose de fers.

Quelles sont les missions principales ?

La mission fondamentale du maréchal-ferrant consiste à entretenir les sabots des équidés. En effet, ceux-ci ne sont rien d'autre que des ongles qui poussent en permanence, nécessitant un entretien régulier. Après avoir retiré l'ancien fer, il "pare" le pied de l'animal, en enlevant soigneusement l'excédent de corne à l'aide d'un boutoir et d'un rogne-pied. Cette étape est suivie par la pose d'un nouveau fer, ajusté aux besoins spécifiques du cheval.

Par ailleurs, le maréchal-ferrant veille également à la santé générale de l'animal. Il peut même prendre en charge l'hygiène de la bouche et des dents du cheval afin de lui éviter tout problème de mastication ou de digestion. Son intervention ne se limite pas aux chevaux, mais s'étend aussi aux ânes, mules et parfois même aux bovidés.

Pourquoi les chevaux ont-ils besoin de fers ?

Les fers remplissent plusieurs fonctions cruciales pour le bien-être équin. Premièrement, ils protègent les sabots contre l'usure prématurée, particulièrement lorsque le cheval évolue sur des sols durs comme le béton ou l'asphalte. À l'état sauvage, les chevaux alternent naturellement entre différents types de sols, mais une fois domestiqués, ils perdent cette liberté.

Deuxièmement, les fers préviennent l'intrusion de petits cailloux qui pourraient causer des abcès douloureux. Ils améliorent également l'adhérence, notamment sur les surfaces glissantes. Enfin, certains fers thérapeutiques ou orthopédiques sont utilisés pour corriger des défauts d'aplomb ou traiter des pathologies spécifiques, jouant ainsi un rôle orthopédique essentiel.

Différences entre ferrage à chaud et à froid

Deux principales méthodes de ferrage coexistent dans la pratique professionnelle. Le ferrage à chaud, technique traditionnelle la plus répandue, consiste à chauffer le fer avant de l'appliquer sur le sabot. Cette méthode permet une adaptation précise à la forme unique du pied, offrant un ajustement optimal. Elle facilite également la correction des anomalies comme les pieds plats ou asymétriques.

À l'inverse, le ferrage à froid n'implique pas de chauffage préalable. Cette technique, plus rapide et moins coûteuse, est particulièrement adaptée aux chevaux sensibles à la chaleur. Cependant, elle exige une grande habileté du maréchal-ferrant pour assurer un ajustement adéquat sans l'effet malléable de la chaleur. Le choix entre ces deux méthodes dépend généralement des besoins spécifiques du cheval et de sa sensibilité.

Compétences et qualités nécessaires

Pour exercer le métier de maréchal-ferrant, diverses compétences sont indispensables, allant bien au-delà de la simple connaissance technique.

Condition physique et posture de travail

L'exercice du métier de maréchal-ferrant exige une excellente condition physique. Les professionnels travaillent debout pendant de longues périodes, souvent le dos courbé et les genoux fléchis. Cette position, particulièrement avec le ferrage à l'anglaise pratiqué par 90% des débutants, sollicite intensément le dos, entraînant des douleurs lombaires chez 79% des professionnels .

Les maréchaux expérimentés développent des stratégies pour préserver leur santé, notamment en adoptant le ferrage à la française, moins éprouvant physiquement. Par ailleurs, ils aménagent souvent leurs véhicules de manière ergonomique, avec forges et enclumes installées sur rails coulissants.

Relation avec les chevaux et les propriétaires

Le maréchal-ferrant doit posséder un charisme naturel et une autorité bienveillante envers les équidés. Il doit comprendre leur comportement et savoir les calmer, particulièrement lors des premières séances de ferrage qui peuvent générer stress et mouvements brusques.

Également, ce professionnel entretient des relations constantes avec les propriétaires et directeurs de centres équestres. Son rôle de conseil nécessite patience et pédagogie pour expliquer les soins nécessaires et les choix techniques effectués.

Maîtrise des outils et techniques de forge

Un maréchal-ferrant doit parfaitement maîtriser plusieurs outils spécifiques comme les tenailles, marteaux de forge, râpes et rogne-pieds. Les professionnels confirmés choisissent des outils de qualité, parfaitement affûtés pour gagner en efficacité.

La connaissance des techniques de forge reste fondamentale, notamment pour adapter les fers aux besoins spécifiques de chaque équidé. Cette expertise permet de façonner des fers thérapeutiques ou orthopédiques pour corriger des défauts d'aplomb ou traiter des pathologies.

Capacité à diagnostiquer des anomalies

Le maréchal-ferrant doit savoir identifier les problèmes de santé liés aux sabots et les troubles de locomotion. Cette capacité de diagnostic permet d'intervenir précocement sur :

  • Les déséquilibres du pied affectant les articulations

  • Les signes de fourbure ou d'abcès

  • Les problèmes de corne comme les fissures

Une vigilance constante lors des visites régulières (toutes les 6 à 8 semaines) permet de prévenir l'aggravation de problèmes mineurs. Ce rôle préventif fait du maréchal-ferrant un acteur essentiel du bien-être équin, travaillant souvent en collaboration avec les vétérinaires.

Formation et diplômes pour devenir maréchal-ferrant

L'accès au métier de maréchal-ferrant nécessite une formation rigoureuse, combinant théorie et pratique. Plusieurs parcours sont possibles selon votre profil et vos objectifs professionnels.

Le CAPA maréchal-ferrant : la voie classique

Le Certificat d'Aptitude Professionnelle agricole (CAPa) maréchal-ferrant constitue la formation initiale de référence. Ce diplôme de niveau 3 se prépare généralement en deux ans après la classe de troisième. Le programme comprend des modules d'enseignement généraux (expression française, mathématiques) et professionnels (hippologie, techniques de forge et ferrage). Cette formation alterne entre enseignements théoriques (700 à 945 heures) et stages pratiques (environ 430 heures). Pendant ces deux années, les apprenants acquièrent les compétences fondamentales pour entretenir les sabots, forger et poser des fers adaptés aux besoins de chaque équidé.

Autres diplômes : CTM, BTM et formations continues

Le Certificat Technique des Métiers (CTM) représente une alternative au CAPa. Délivré par les chambres de métiers et de l'artisanat, il se prépare également en 2 ans après la 3ème, mais se concentre davantage sur la pratique professionnelle avec 1204 heures de formation. Par ailleurs, le Brevet Technique des Métiers (BTM) maréchal-ferrant constitue un niveau supérieur, accessible après un CAP. Cette formation de 2 ans forme de futurs chefs d'atelier capables de réaliser des ferrures orthopédiques et thérapeutiques.

Pour les adultes en reconversion, des formations continues existent, durant généralement de 6 à 12 mois. Elles permettent d'obtenir les mêmes qualifications dans un format condensé, avec un coût moyen oscillant entre 5000€ et 15000€.

Études complémentaires en orthopédie équine

Après quelques années d'expérience, les professionnels peuvent se spécialiser en orthopédie équine. Le brevet fédéral de maréchal-ferrant orthopédique s'obtient en 6 mois environ, après un CFC (ou équivalent) et au moins 2 ans d'expérience. Cette formation approfondie couvre l'anatomie, la biomécanique et les techniques de protection orthopédique des sabots.

Financer sa formation (CPF, France Travail, etc.)

Plusieurs dispositifs peuvent alléger le coût de la formation :

  • Le Compte Personnel de Formation (CPF), particulièrement adapté aux salariés en reconversion

  • L'Aide Individuelle à la Formation (AIF) proposée par France Travail 

  • Le Plan de Développement des Compétences pour les salariés

  • L'apprentissage, permettant de percevoir un salaire pendant la formation

Ainsi, malgré un investissement initial conséquent, ces aides rendent accessible ce métier passionnant qui offre de réelles perspectives d'évolution.

Travailler et évoluer dans le métier

Une fois formé, le maréchal-ferrant fait face à plusieurs choix professionnels qui détermineront son quotidien et son évolution de carrière.

Statut : artisan indépendant ou salarié

La majorité des maréchaux-ferrants (environ 70 à 90%) choisit le statut d'artisan indépendant. Cette option offre une liberté d'organisation mais implique la gestion complète de son entreprise. Un maréchal-ferrant indépendant doit s'inscrire à la chambre des métiers et peut opter pour différents statuts juridiques comme l'entreprise individuelle ou la société unipersonnelle (EURL/SASU).

Par ailleurs, certaines opportunités existent en tant que salarié dans des haras, centres équestres, ou au sein de l'armée (gendarmerie, garde républicaine). Cette option, bien que moins commune, offre davantage de stabilité.

Conditions de travail et déplacements

Le métier implique d'importantes contraintes physiques et de nombreux déplacements. Un maréchal-ferrant parcourt généralement entre 700 et 1000 km par semaine pour se rendre chez ses clients. Il travaille principalement en extérieur, quelles que soient les conditions météorologiques.

Sa camionnette, véritable atelier mobile, contient tout l'équipement nécessaire : forge à gaz, outils, seaux et tabliers. Les horaires sont souvent étendus, avec des interventions d'urgence possibles à toute heure.

Salaire d'un maréchal-ferrant débutant

Un maréchal-ferrant débutant salarié peut s'attendre à un salaire proche du SMIC, soit environ 1802€ bruts mensuels. Avec l'expérience, cette rémunération peut évoluer jusqu'à 2500€ bruts pour un professionnel confirmé.

En tant qu'indépendant, les revenus varient considérablement. Une intervention est généralement facturée entre 40€ et 100€ par cheval, permettant de réaliser un chiffre d'affaires potentiel de 3000 à 6000€ bruts mensuels. Cependant, il faut déduire de nombreuses charges liées aux déplacements et à l'équipement.

Spécialisations possibles et reconversion

Après quelques années d'expérience, plusieurs voies d'évolution s'offrent au maréchal-ferrant :

  • La spécialisation en orthopédie équine, domaine rare et très recherché

  • Le travail avec des chevaux de sport ou de compétition

  • La collaboration avec des cliniques vétérinaires

  • L'enseignement de la maréchalerie

Enfin, compte tenu des contraintes physiques du métier, une reconversion vers des secteurs connexes est envisageable après plusieurs années d'exercice. Certains professionnels s'orientent alors vers la formation ou la gestion de centres équestres.

Conclusion

Devenir maréchal-ferrant représente donc une voie professionnelle exigeante mais passionnante. Ce métier ancestral, loin d'être désuet, reste essentiel au bien-être équin et offre des débouchés intéressants dans un secteur où les spécialistes qualifiés sont recherchés. En effet, avec seulement 1600 professionnels actifs pour toute la filière équine française, les opportunités ne manquent pas pour qui accepte les défis de cette profession.

Néanmoins, ce choix de carrière demande une réelle vocation. La condition physique robuste, la patience avec les animaux, la maîtrise technique de la forge et les connaissances anatomiques constituent le socle indispensable de ce métier. Par ailleurs, la formation rigoureuse, qu'elle passe par le CAPA, le CTM ou d'autres parcours diplômants, exige un investissement personnel conséquent.

Les perspectives professionnelles restent variées. D'une part, la majorité des maréchaux-ferrants choisit l'indépendance, avec ses avantages de liberté et son potentiel de revenus attractifs. D'autre part, des postes salariés existent dans les structures équestres importantes ou institutions comme la garde républicaine. Ainsi, chacun peut trouver la configuration qui correspond à ses aspirations.

Enfin, ce métier offre également des possibilités d'évolution vers des spécialisations comme l'orthopédie équine ou l'enseignement. Assurément, malgré les contraintes physiques et les horaires parfois irréguliers, la maréchalerie demeure une profession gratifiante pour les passionnés de chevaux souhaitant allier travail manuel, connaissances techniques et contact quotidien avec les équidés.

 


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